Collages VS Photomontages – First Round

Depuis quelques semaines, je vous prépare une petite série d’articles sur le collage.
Pourquoi ? Parce que, comme pour la série d’articles sur la broderie moderne à retrouver ici, ici et , j’avais envie de partager avec vous mon intérêt pour cet art qui ne cesse de se renouveler et qui revient sur le devant de la scène grâce à une nouvelle génération d’artistes tels que Sarah Eisenlohr ou Beth Hoeckel.

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Beth Hoeckel – Glacial ( Série Point of View)

Ce que j’aime dans le collage ? Son histoire d’abord. Tour à tour cubiste, dadaïste, surréaliste ou pop, il a traversé les mouvements et les époques tel un gage de modernité.
Et puis ses histoires, ensuite. Un collage, c’est un puzzle pour l’imaginaire en deux étapes. En premier, il y a l’histoire que l’artiste se raconte en réunissant des bouts d’images, des mots et en les juxtaposant et superposant. Puis, vient le moment où c’est l’observateur qui s’approprie l’image. Essaie d’en trouver le sens ou laisse libre court à son imagination et commence à se raconter sa propre histoire.
Enfin, je suis fascinée par sa technique. Ne croyez pas qu’un collage est quelque chose de facile à concevoir. Bon nombre s’y sont cassés les dents, moi la première. Il ne suffit pas de prendre deux morceaux de papier au hasard et de les assembler, non, non, réussir un collage, c’est bien plus que ça : des heures de fouilles et d’archivages pour réaliser une banque d’images, des mois de découpages puis des jours et des nuits d’essais, de tests pour arriver à quelque chose qui se tienne et qui raconte la fameuse HISTOIRE.

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Richard Hamilton – Just What Is It That Makes Today’s Home So Different, So Appealing

Pour cette série d’articles, j’ai choisi des artistes dont le travail m’a marqué à un moment donné ou dont j’aime l’univers. Des récents, issus de la nouvelle génération évoquée un peu plus haut, et quelques anciens aussi.
Il m’était impossible de vous faire un panorama général de l’univers du collage, tant le nombre de productions est important alors, une fois encore, j’ai dû faire des choix. Mais si le sujet vous passionne, je vous conseille de jeter un oeil au génial « The Age of Collage », petite bible du nouveau collage.

Aujourd’hui, je vous propose de commencer par les origines. Quand on parlait encore de photomontages et non pas de collages (terme plus général qui désigne des oeuvres qui ne sont pas composées exclusivement de photographies) et que souvent, l’oeuvre était prétexte à un positionnement politique quand elle ne tenait pas lieu de manifeste à l’image du fameux « Just What Is It That Makes Today’s Home So Different, So Appealing » de Richard Hamilton, perçu par beaucoup comme l’oeuvre-manifeste du Pop Art.

Max Ernst – Le Rossignol Chinois / Max Ernst – Au dessus des nuages

Hannah Höch – Am Nil II / Hannah Höch – Für Ein Fest gemacht / Hannah Höch – Bouquet of Eyes

On commence avec le travail de Hannah Höch et de Max Ernst, deux artistes de la même époque rattachés aux mouvements dadaïste et surréaliste. Ceux par qui tout est arrivé, chez moi du moins, avec leurs comparses John Heartfield, Raoul Hausmann et Kurt Schwitters.
J’ai vu l’exposition de la série « Une semaine de Bonté » de Max Ernst il y a des années au Musée d’Orsay et j’y ai passé des heures à observer le moindre détail et m’émerveiller de tout. Premier plongeon. Et puis l’année dernière, voyage à Londres, découvrir en vrai l’oeuvre de Hannah Höch, galerie de portraits de la femme nouvelle cyniques et engagés, entre autres.

lorna simpsnLorna Simpson – Jet #12

lorna simpson - riunite & ice #1Lorna Simpson – Riunite & Ice #1

Sans transition, on passe à Lorna Simpson. Artiste totale – photographe, écrivaine, peintre… -, elle mélange dans ses collages images d’archives, aquarelles et textes. Afro-américaine, l’artiste a fait de la question de l’identité et du genre la base de son travail. Je suis particulièrement sensible à ses séries de portraits où elle vient orner des portraits de femmes de magnifiques chevelures aquarellées à découvrir sur son son site internet.

linder sterling - untitled - copieLinder Sterling – Untitled

linder sterling - untitled2Linder Sterling – Untitled2

Pour finir, Linder Sterling. Linder Sterling dite Linder, c’est la couverture de l’album Orgasm Addict des Buzzcocks en 1977. Punk et féministe, l’artiste travaille autour du corps de la femme qu’elle détourne et malmène le transformant en objet commercial. Proche de l’univers de la mode dont elle reprend parfois les codes, elle dénonce dans des assemblages qui mettent toujours un peu mal à l’aise, les stéréotypes sexistes, mélangeant allègrement roses obscènes et bouches démesurées.

Voilà, les bases sont posées. Mes bases en tout cas. Je vous donne rendez-vous très vite pour un nouvel article dédié à la nouvelle génération. Morceaux choisis (et choix difficile) en pagaille.

J’espère que cet article vous aura plus et que, peut-être, il vous aura fait découvrir des artistes que vous ne connaissiez pas.

A bientôt !

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